J'ai presque eu l'impression que mon coeur s'est arrêté de battre lorsque mes yeux se sont plantés dans les siens, à travers le miroir. C'est comme si deux braises m'avaient brûlé le visage, tellement son regard arrive à dire tout et rien à la fois.
Je me décale légèrement sur le côté pour lui faire face. Pourquoi est-ce que je suis aussi intimidée ? D'accord, il est célèbre, il est plus grand que moi – Aussi bien en âge qu'en taille – mais, être aussi gênée que ça, ça fait presque bizarre de me voir ainsi.
« Je ... Je ne fume pas. »
J'ai dut mettre au moins deux minutes avant de sortir cette phrase, le fait qu'il me regarde me fait perdre tous mes moyens, et je déteste ça. Et encore, heureusement que j'ai pas mal de notions en anglais, sinon j'aurai dut faire la morte complètement pétée sur les pavés des toilettes, pour ne pas avoir affaire à lui.
Il me sourit. Ses yeux sont vitreux, ça me fait comprendre que, euhm, il a dut s'adonner à de nouvelles sensations ce soir ... Il cherche quelque chose dans la poche de son jean, enfin si on peut appeler ça jean, avec ses trous gros comme le poing de part et d'autre sur tout le tissu, bref. Il en ressort un briquet jaune fluo.
« Autant pour moi, j'en avait un ! »
C'est à mon tour de lui rendre un micro-sourire. Dans le fond, je suis vraiment mal à l'aise, et je trouve cette situation très embarrassante. Il allume sa cigarette, tire un coup dessus, pour recracher une fumée presque noire qui s'étale dans une partie de l'air encore potable de la pièce. Merde, je m'en vais de la piste de danse pour être en paix ici, et en plus c'est pour tomber sur Miyavi, qui plus est en train de fumer un pétard de je ne sais quoi ? L'horreur, c'est à la fois un rêve, et un cauchemar.
Je sors mon téléphone pour voir l'heure : Une heure et demi du matin. Aucuns appels en absence, aucuns nouveaux messages. Super, on voit que Matthias s'inquiète vachement sur mon sort, à tous les coups il a dut rencontrer quelqu'un, et il a aussi dut se dire que j'ai fait la même chose que lui ! Tant pis, je rappelle une dernière fois ...
Et, bien sûr, ça ne répond toujours pas. Quand je vais le retrouver lui, il va se prendre une putain d'engueulade qu'il recommencera pas avant quelques jours – Oui, Matthias est pire qu'un gamin. Je suis quand même triste et pas vraiment rassurée, qu'il ne réponde pas. Je m'appuie contre le rebord des lavabos, alors que Miyavi est adossé contre le mur blanchâtre et observe mes faits et gestes depuis tout à l'heure.
« Tu cherches quelqu'un ? »
« C'est ... J'ai perdu un ami, avec qui je suis venue ici pour quelques temps ... »
Voilà que je met à lui raconter ma vie maintenant. Il faut que je sorte, je dois trouver un moyen d'esquiver cette « discussion » et m'en aller, j'ai besoin de crier, taper contre n'importe quel truc solide ou non, mais faire quelque chose pour me défouler. Mais pas devant lui.
« Je vais ... Je vais aller voir, s'il est dans le coin. »
Je m'avance vers la porte, il me regarde toujours. Ses yeux sont plus rouges qu'il y'a quelques minutes, on va croire à un lapin albinos si ça continue.
« Bonne soir ... ; Pas le temps de finir ma phrase. La porte ne s'ouvre pas ; je me suis peut-être trompée de sens. J'essaie l'autre côté, toujours pas. Je commence sérieusement à paniquer.
« Mais, t'es pas au courant ? »
« De ... Quoi ? »
« Ca fait quelques temps que la porte d'ici a quelques problèmes ... ; Il vient se placer à côté de moi, face à la porte ; Si personne ne retient la porte, impossible de l'ouvrir de l'intérieur. C'est bizarre hein ? J'ai vraiment pas pensé à t'avertir, pourtant ça fait bientôt une heure que je poireaute ici. Désolé, Honey. »
Nom de ... C'est pas vrai. C'est que maintenant qu'il me dit ça ? Et ce mot, Honey ... Ça me fait frissonner comme une malade à chaque fois qu'il le prononce. En gros, je suis coincée là dedans jusqu'à ce que quelqu'un s'aperçoive que deux idiots sont restés enfermés ici toute la nuit et ont loupé une super soirée.
Je m'adosse contre le rebord du lavabo, encore plus désespérée que tout à l'heure. En plus, super, la batterie de mon téléphone est presque vide, il manquait plus que ça ! Heureusement, j'ai mon vieux walkman tout pourrit que je me traine depuis le collège, dans mon sac ... Oui, il date peut-être de Mathusalem, mais au moins, il va m'occuper lui.
Mais je me sens bizarre. J'ai parfois l'impression que la pièce se referme sur nous au fil des minutes, pourtant je sais que c'est simplement mon imagination. Miyavi vient de finir sa cigarette – Ou autre substance bizarre sous forme de fumée qui put. Je suis complètement paralysée, j'ai peur de tous les mouvements que je fais ; il me fixe sans aucunes gênes, et ça, ça me ronge tout l'estomac.
« Tu sais ... ; Il avance lentement vers moi ; J'ai peut-être l'air d'un dealeur, ou même d'un connard finit, mais je vais pas te manger hein. T'as pas besoin d'être stressée comme ça, en plus, ça fait des rides avant l'â ... »
« Je le sais ça ! C'est bon ! »
Je ne sais même pas pourquoi je me suis énervée comme ça envers lui. En tout cas, lui non plus il semble de pas avoir comprit mon comportement. J'en peux plus, je suis stressée, un peu heureuse, désespérée. Et quand on a des sentiments opposés qui s'interposent, c'est difficile à contrôler.
Trois heures moins le quart. Je m'éclipse cinq minutes aux toilettes, histoire de pouvoir être entre quatre murs, seule, avec toute ma tête. J'entends Miyavi trifouiller quelque chose. Je n'ai toujours aucunes nouvelles de Matthias, et je ne vais pas appeler mes parents, ils seraient capable de mettre les flics sur le coup, par n'importe quel moyen. J'ai une énorme envie de dormir, mes yeux se ferment presque tout seuls. Autant sortir des toilettes avant de vraiment s'endormir comme une alcoolique à l'intérieur.
« Hey, je comprends mieux pourquoi t'es si timide. T'aurais put me le dire tu sais. »
« De ... De quoi ? »
De quoi est-ce qu'il me parle ? Ni une ni deux, j'ouvre la porte – qui pour info, ne tient quasiment plus. Je vois entres ces mains un CD - MIYAVIZM. Et mon sac à moitié ouvert.
« ...Ah, ça. Je ... Je l'ai acheté cet après-midi. »
« C'est trop mignon, j'ai une de mes fans enfermée avec moi ici ! »
Je crois qu'il est en train de partir en plein délire, juste à cause d'une jaquette de CD où il y'est dessus. Limite il irait pas embrasser ce truc en plastique, tellement il a l'air heureux de sa petite personne à ce moment. J'avoue que là, moi non plus j'ai pas été très fine ... Et puis zut, c'est mon sac que je sache, je range ce que je veux dedans !
Les minutes s'écoulent encore. Presque trois heures et demi. J'ai vraiment, vraiment sommeil. Il s'en ai rendu compte, ça se voit. De toutes façons, il n'y a rien de correct ici, pour pouvoir avoir le courage de poser ses fesses par terre, tellement t'as peur de tomber sur une capote usagée.
« Pourquoi tu t'assois pas quelque part, pour te reposer ? »
« Parce que. J'ai pas sommeil. »
« T'es trop mignonne quand tu te rebelles. »
Surtout quand il dit ça, ça me donne encore plus envie de dormir franchement. Sûr, il serait capable de me faire des attouchements en plein sommeil ! Bon, quand même pas.
Je le vois poser sa grande veste dans le coin le plus propre de la pièce. Il s'assoit dessus, s'adosse au passage contre le mur. Il me regarde, et du sourire le plus franc de la soirée, il tend la main vers moi.
« Allez, viens. Ça te fera du bien de te reposer un peu. T'as ma parole, je te ferai rien. »
Je finis par céder, même si je suis hésitante au départ. De toutes façons, il y'a encore au grand maximum deux heures à attendre, avant que les videurs ne fassent le tour de la boîte de nuit, avant de nous trouver comme deux polchtrons, à moitié mort dans un coin.
Je m'approche de lui, je m'assois à une distance assez considérable – Non, non, j'ai pas peur. Ce n'est que lorsque je suis complètement assise que son bras enlace mes épaules, et m'attire à lui.
« Tu vois Honey, t'as pas confiance. Je t'ai dit que je te ferai rien. C'est pas comme si t'étais la première fille que je prenais dans mes bras, tu sais. »
« Pourquoi ... Vous faites tout ça ? »
« Parce que pour moi, la femme, c'est pas un simple objet, et qu'on la connaisse ou non, elle doit toujours être servie et aidée comme une reine, même dans les pires circonstances. Comme là. »
C'est sur ces belles paroles que mes yeux se ferment enfin, avec comme idée dans la tête, cette phrase d'une chanson ; « Renai no sensei ga Ireba ii na »(1) « Ca serait bien si un professeur de l'amour existait. »
C'est peut-être lui. Qui sait.
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Listen : Kimi + Boku = Love ? - TegoMass.
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Voilà le Chapitre 4, enfin terminé ! J'ai essayé de faire des efforts, j'ai mit un peu de couleur pour accentuer les mots importants. J'avoue que le chapitre est un peu plus long que d'habitude, mais plus court, j'aurai pas put. Je vous laisse encore un peu réfléchir sur le sort de Matthias, mais ne vous inquiétez pas, il revient dans le prochain Chapitre !
Petit Sondage : Comment imaginez vous Erika et Matthias, physiquement ?
La meilleure description sera postée à la fin du prochain Chapitre !
(1) - Paroles tirées de la chanson : Kimi + Boku = Love ? des TegoMass.
La suite toujours pas avant 3O commentaires !
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